Signer la carte blanche: « Quand la fracture sociale se numérise… »

Nous, travailleuses sociales et travailleurs sociaux, sommes indigné·e·s de voir nos permanences se remplir de personnes qui ne parviennent pas à contacter la mutuelle, la banque, le CPAS, un syndicat ou un service public. Alors que ces services fermaient leur guichet durant la pandémie, la numérisation est, plus que jamais, apparue comme la solution pour substituer la gestion informatisée au contact personnel. Si pour certain·e·s, elle a permis la continuité des démarches, pour d’autres, elle est devenue un facteur d’exclusion, les empêchant d’accéder à des services indispensables et à des droits fondamentaux. Malgré les graves problèmes relevés dès le premier confinement, tout indique que cette situation perdurera au-delà de la pandémie. Celle-ci ne fait que révéler de manière dramatique le prix payé par la population suite au définancement des services publics et à la privatisation de services essentiels.

[…]

Il n’est pas acceptable que l’exercice de droits fondamentaux soit conditionné à l’utilisation d’un ordinateur et que l’exclusion numérique exacerbe l’exclusion sociale. La dématérialisation ne peut se poursuivre en invisibilisant une grande partie de la population et des réalités sociales. Nous ne serons pas les sous-traitant·e·s permettant à ces services de fonctionner à moindres frais en se déchargeant de leurs missions sur nos secteurs ! L’accès aux services essentiels doit rester direct et personnalisé.

Nos exigences sont simples :
– un refinancement du secteur social au sens large, pour revenir à ses propres missions ;
– l’obligation pour tous les services, publics ou privés, impactant de près ou de loin les droits des citoyen·ne·s, de maintenir un accès physique et humain, avec des personnes compétentes et correctement payées ;
– le traitement rapide et équitable de toute demande faite par ce biais.

Durant les prochains mois, le Travail social en lutte mènera plusieurs actions devant des services « dématérialisés », en solidarité avec les usager·ère·s comme avec les travailleur·euse·s, et les appelle à rendre visible la violence insidieuse et l’exclusion rampante auxquelles nous amène la soi-disant « révolution numérique ». […]

Carte blanche du Travail social en lutte — Octobre 2021

Nous souhaitons récolter un maximum de signatures de travailleuses sociales et travailleurs sociaux qui se reconnaissent dans les réalités décrites et dans les revendications.

Nous entendons « travailleurs sociaux » au sens le plus large: assistants sociaux, éducatrices, infirmiers sociaux, formatrices, animateurs, bénévoles, agentes de guidance… Toute personne qui est en prise avec le terrain, sans distinction de statut.

Nous vous invitons à la signer en votre nom propre, afin de refléter le caractère autonome de notre démarche, en précisant, de manière facultative, la structure dans laquelle vous travaillez ou agissez, ceci pour montrer la diversité des secteurs concernés. Ces informations ont vocation à être rendues publiques.

En tant que structure (association, institution, collectif, fédération, réseau…), vous pouvez faire circuler cet appel auprès de vos travailleurs, bénévoles et vers d’autres structures. Nous vous en remercions d’avance.

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Quand la fracture sociale se numérise...

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